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Google socialise sa recherche : Search Plus Your World

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Google optimise un module lancé en 2009 passé inaperçu : la recherche sociale. Principe : mettre en avant les contenus relayés par les médias sociaux. Il compte l’afficher dans les pages de résultats de recherche avec Search Plus Your World. Qui glisse bien vite dans une promotion pour son propre réseau social, Google +

La recherche sociale, avenir de la recherche traditionnelle ?

La recherche sociale Google n’est pas une nouveauté : elle est apparue en 2009, et a connu son apogée avec Google Realtime Search. Cette extension au moteur analysait l’actualité et les sujets chauds qui s’échangeaient en temps réel sur des réseaux comme FriendFeed, Twitter

Le cœur du projet était l’option « sociale » d’une recherche : les résultats sociaux mettaient en avant les partages et discussions sur les réseaux sociaux. Il fallait d’abord renseigner les réseaux sur les profils personnels Google. L’onglet « Social » apparaissait après avoir lancé une recherche classique, et recherchait les réseaux affiliés (un ami qui a partagé un article sur le sujet…). Avec cette philosophie : ce qui vient de notre réseau est plus pertinent que les résultats traditionnels.

Les deux modules de recherche sociale ont été très peu utilisés, et disparaissent en 2011 à la suite du non-renouvellement du contrat de Twitter dans la participation à cet algorithme.
Mais Google compte bien remettre la recherche sociale au goût du jour, en valorisant son réseau social Google+

Depuis trois jours aux Etats-Unis, toute recherche Google devient sociale. En gros, les résultats issus des partages des amis des cercles Google+ prennent le pas sur les résultats naturels si on est identifié.

Mais même sans être connecté ni inscrit à Google+, les pages de marque et profil Google+ sont affichés en tête de SERP, et les profils de personnes inscrites Google+ suggérés sur Google Instant.
L’encart à droite des SERP, surtout investi par les Adwords, présentera des suggestions de profils Google+
Enfin, cette recherche sociale s’active par défaut. L’utilisateur peut toutefois sélectionner la recherche classique. (est-il suffisamment bien informé, aura-t-il le temps de le faire ? On attend d’un moteur de recherche un outil pratique et fluide)

Google, on ne veut pas se « socialiser »

Cette réforme n’est pas « un autre » changement de Google : rarement au cours de ces derniers mois une modification de son algorithme aura autant fait parler. Rue89 et slate.fr, deux médias pureplayer en ligne influents, ont tôt fait de reprendre cette information.

L’initiative ne rencontre pas un fort succès populaire. Selon un sondage* dirigé par AYTM, 45% des sondés sont en désaccord avec cette nouveauté, et pensent que tout le monde devrait avoir la même page de résultat. 39% des sondés pensent que c’est une bonne idée, mais affichent quelques réticences par rapport aux questions de vie privée. En fait, il n’y a que 16% de vrais « convaincus ».

D’ailleurs, les arguments de Google sur la meilleure pertinence sont questionnables : Matt Cutts insiste sur le « moment magique » de retrouver des souvenirs via nos amis connectés (par exemple, des photos d’un jeu lorsqu’il recherche loup-garou). Mais en quoi ceci est plus pertinent que de vraies images de loup-garou ?

L’opération de promotion de Google+ risque donc de faire pschiiit : seuls 8% des sondés pensent qu’ils vont (davantage) l’utiliser. Pas assez pour détrôner les réseaux leaders.

Les référenceurs, à la fois SEO et SEM, s’inquiètent de cette mesure qui offre la part du lion à Google+ dans les SERP et déguise les résultats. Ils sont les premiers à pointer Google du doigt, en jurant leur volonté de trouver des résultats plus pertinents.

Exemple de résultats personnalisés

La fonction « Résultats sociaux uniquement »

Twitter critique ouvertement cette mesure : logique, Google+ s’offre plus de visibilité que l’oiseau bleu, son concurrent direct. Twitter soutient que la pertinence des résultats décroît : son argument est plutôt justifié en connaissant la léthargie de Google+. Car après un lancement tous azimuts, le taux d’activité des utilisateurs peine à décoller des 15%. Alors pourquoi mettre en avant le profil Google+ des utilisateurs plutôt que leur compte Facebook ou Twitter, plus fréquemment utilisé ?

Facebook reste silencieux par rapport à cette annonce. Le réseau, plus populaire et moins centré sur l’actualité, a moins à perdre que Twitter dans cette modification.

L’EPIC, un groupe américain veillant au respect des libertés et notamment celle de la vie privée, compte déposer une plainte auprès de la Federal Trade Commission (un organisme indépendant chargé de la protection du consommateur). L’impossibilité de cacher ses données pour la recherche sociale est notamment pointée du doigt : les informations sur la vie privée de l’utilisateur sont plus facilement accessibles et il ne peut s’en prémunir.
Cette nouvelle arrive alors que les enquêtes anti-trust se multiplient à l’encontre de la firme californienne. Cette semaine n’a pas non plus épargné Google : Google Kenya a piraté la base de données d’un de ses concurrents.

La firme persiste et signe

Google maintient le cap malgré la déferlante de réactions.
Concernant la partialité de la recherche sociale, le billet de Matt Cutts souligne que grâce à la recherche sociale, du contenu de sources diverses comme Quora, Flickr, LiveJournal… arrive également à la surface.

Face à Twitter, Google rétorque que le réseau social n’avait pas souhaité reconduire le contrat sur la recherche sociale et en temps réel, et rappelle à juste titre que pour gagner plus de visibilité, l’oiseau bleu peut enlever les instructions de nofollow sur les liens qui s’échangent.
Google a l’air de négliger que la place de cette nouvelle recherche sociale est sans commune mesure avec la précédente, très discrète.

Un porte-parole de Google France résume quant à lui la réaction face à la plainte de l’EPIC :

La fonctionnalité « Search Plus Your World » ne modifie pas les droits d’accès à vos contenus, elle aide simplement les internautes à re-découvrir des informations auxquelles l’accès leur a déjà été accordé. Nous nous sommes assurés que ces nouvelles fonctionnalités soient fondées sur des principes solides de protection et de sécurité, de transparence, et de contrôle pour nos utilisateurs

Suffisant pour empêcher le dépôt effectif de cette plainte ?

Pourquoi Google se lance dans une telle réforme ? Une explication possible est l’alignement du moteur sur la tendance SoLoMo : social, local, mobile. Avec la multiplication des smartphones, Internet est transportable partout et permet de communiquer avec tout le monde. C’est l’aspect social que Google a voulu affiner. Mais le social risque de piétiner la pertinence pour la recherche d’information.

Une dernière pour la route

Au moment de rajouter des illustrations pour l’article, je découvre ça.

Google retouche aux suggest ?

Les suggestions retouchées ?

Le Google Suggest suggère des recherches que j’ai déjà rentré, en violet, et me propose de les supprimer des suggest. Allons bon, même l’utilisation du suggest est modifiée ? Oui, Google veut vraiment tuer la longue traîne.

* Sondage et résultats de AYTM

Plus d’infos : http://actu.abondance.com/2012/01/search-plus-your-world-twitter-nest-pas.html