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Google traverse 2012 en un mois

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L’année de la fin du monde pourrait-elle commencer par emporter Google ? Ce mois de janvier n’augure pas les meilleures auspices pour le moteur, entre les attaques en justice et la radicalité de la politique de la firme. Petit récapitulatif.

Search Plus : Google fonce tête baissée

Nous avons déjà parlé de Search Plus Your World : la recherche sociale par Google modifie les résultats naturels du moteur. Les résultats sociaux et naturels seront mélangés, ceux issus des réseaux seront plus visibles.
Dans les faits, c’est un outil de promotion de Google +, et son impact est bien plus considérable que les fonctions qui personnalisent déjà la page de résultat.

Twitter avait vertement critiqué cette nouveauté, et il est passé à la vitesse supérieure : en s’alliant avec des ingénieurs de MySpace et Facebook, l’outil « Don’t be evil », du nom du slogan de Google, naquit. Il complète Search Plus Your World en rajoutant des résultats de nombreuses autres plateformes, dont Twitter et Facebook. Un joli pied de nez à Google.

Pour autant, la firme ne semble pas décidée à faire machine arrière. Au contraire, Larry Page a exhorté ses employés à « comprendre [Google+] » ou « travailler ailleurs ». La tension se propage à l’interne, qui n’a pas le droit de contester la direction dans laquelle va Google : englober tous les services sous la bannière Google+.
A l’image de la nouvelle politique de confidentialité de Google revue pour correspondre à tous ses services, et simplifiée à l’extrême (70 pages ramenées à une seule). L’utilisateur de différents services de Google est désormais un seul et même utilisateur.

Google cherche… et trouve les ennuis

Cette orientation autoritaire du groupe se produit alors qu’il essuie une quantité de déboires judiciaires

– En réaction à Search Plus Your World, l’EPIC, organisme américain qui veille à la protection de la vie privée, porte plainte contre Google pour atteintes à la vie privée. La fusion des services Google et les nouvelles règles de confidentialité sont en cause. L’EPIC avait déjà relevé des abus du temps de Google Buzz. Des voix se soulèvent par rapport aux atteintes des services Google à la vie privée.

Twenga (moteur de recherche spécialisé shopping) attaque en justice Google au niveau européen pour abus de position dominante. Une action dans la lignée de l’enquête de la Commission Européenne sur des soupçons d’abus de position dominante, depuis le 30 novembre dernier.

– La filiale kenyane de Google a été prise la main dans le sac en train de se servir dans la base de données de Mocality, un service qui recense les commerçants kenyans. Elle a ensuite contacté les commerçants pour un partenariat avec Google Adresses. De curieuses pratiques mises au jour par Mocality elle-même. Google s’est excusé, et le fondateur de Mocality n’envisage pour l’instant aucune action en justice, qui a toujours vu d’un œil positif l’arrivée de Google sur le marché. Pas sûr que ça suffise à excuser ce pillage.

– Enfin, et pas des moindres (et en plus ça se passe chez nous), Google a été condamné à reverser 500 000 euros d’amende à Bottin Cartographe pour concurrence déloyale, mettant un terme à 2 ans de procédures judiciaires. Ou presque, puisqu’il est attendu que Google Inc. et Google France fassent appel de cette décision de justice.
Bottin Cartographe propose des outils similaires à ceux de Google Maps. Il accuse ce service de concurrence déloyale. Google Maps fournit gratuitement des services qu’il paye, une infraction au bon fonctionnement du marché. Bottin Cartographe exige du moteur qu’il fasse payer son outil Maps ou affiche des publicités sur celui-ci (ne donnez pas trop d’idées à Google pour remplir encore davantage ses pages, s’il vous plaît !)

2012 sera donc une année d’essai pour Google : est-ce que leur orientation leur sera bénéfique, ou l’obstination les fera foncer dans le mur ? Assaillie par les critiques médiatiques, celles de ses concurrents et des défenseurs de la vie privée, la firme devrait d’abord aplanir les différends et régulariser certaines de ses pratiques avant de s’aventurer dans des projets (trop) ambitieux.