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Webmarketing

Un an de not provided

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Il y a un an jour pour jour (6 mars 2012), Google ébranlait la communauté SEO française en exportant sa version https à l’international (et donc sur google.fr).
De cette manière, tous les internautes connectés à un compte Google effectuant une requête sur le célèbre moteur de recherche se voyaient redirigés vers la version sécurisée https. Une décision qui n’a sans doute pas marqué les utilisateurs lambdas et qui est même sans doute passée inaperçue, mais qui a créé une vague de protestations dans le monde du SEO et du webmarketing.

En effet, les requêtes utilisées par les internautes connectés à une plate-forme Google (Gmail, Youtube, Picasa…) avant d’atterrir sur un site se sont vues renommées par le nom peu évocateur de « not provided » sur l’outil d’analyse Google Analytics. Par conséquent, nous pouvons parler d’un véritable brouillard lancé par Google aux yeux des référenceurs et autres webmasters, qui ne peuvent plus connaître une part non négligeable des requêtes utilisées par les internautes les ayant menés sur leur site, ou même ayant apporté une conversion pour les sites d’e-commerce.

Lors de l’annonce de cette mise à jour, Matt Cutts déclarait estimer qu’environ 10% des mots-clés seraient indisponibles aux yeux des webmasters. Un chiffre qui paraît aujourd’hui bien faible en comparaison de certains sites/blogs à forte thématique Internet/SEO qui déclarent avoir vu leur taux de not provided atteindre plus de 60% des mots-clés.

Toutefois, en est-il de même pour les sites ayant des thématiques éloignées de celle du web ?

Evolution du not provided chez nos clients

Chez 1-ter-net, nous avons plus d’une quarantaine de clients en référencement. Après analyse des statistiques de trafic de ces clients, on peut remarquer que certains secteurs d’activité sont bien moins touchés par la vague de not provided que d’autres. Nous constatons un taux de not provided particulièrement élevé sur notre site (56% en janvier-février 2013), dû au fait qu’une bonne partie de nos internautes est issue du domaine du web. Par conséquent, on imagine ces internautes comme étant habitués à naviguer en https. Par ailleurs, beaucoup de nos visiteurs naviguent via Firefox ou Chrome.

Not Provided chez 1-ter-net

Évolution du not provided chez 1-ter-net

En revanche, certains de nos clients ayant des secteurs d’activité très éloignés de ceux d’Internet (bâtiment, mobilier de jardin…) ont un taux de not provided entre 18 et 25%. Un taux déjà relativement élevé, mais qui laisse encore l’accès libre à la majorité des mots-clés ou qui suffit à indiquer certaines tendances de recherche.
On peut expliquer cette différence par le fait que les internautes fréquentant ces sites soient moins habitués à l’utilisation d’Internet. Internet Explorer (qui n’a pas encore intégré le SSL, protocole de sécurisation créant le https) est en effet le navigateur privilégié des visiteurs de ces sites qui n’ont également pas nécessairement le réflexe ni l’envie de naviguer via un compte Google, laissant ainsi l’accès aux requêtes de recherche.

Evolution du not provided chez Free-dom

Evolution du not provided chez Free-dom (services à la personne)

A mi-chemin entre ces deux extrêmes, certains de nos sites clients peuvent constater un taux de not provided allant de 30 à 45% : il s’agit de sites de cabinets de recrutement, d’immobilier, conseils aux entreprises, ou services à la personne.

Une analyse statistique de plus en plus compliquée ?

Suite au fait que bon nombre de particuliers utilisent encore aujourd’hui Internet Explorer (contrairement aux professionnels du web), le not provided n’a pas encore totalement envahi tous les comptes Analytics. Il semble qu’Internet Explorer n’ait pour le moment pas encore prévu d’instaurer le SSL, qui porterait un coup fatal à l’accès aux mots-clés. Toutefois, étant donné que la part d’utilisation de ce navigateur ne cesse de se réduire au fil des années, on ne peut qu’y voir un argument supplémentaire prouvant que le not provided va continuer sa progression.
En fonction du secteur d’activité du site concerné, l’analyse des mots-clés apportant du trafic peut donc être plus ou moins difficile. Mais il n’est sans doute plus qu’une question de temps avant que le not provided envahisse même les sites aux thématiques éloignées du web.

Si il n’existe aucune façon de connaître les mots-clés cachés par Google via Google Analytics, vous pouvez toutefois savoir quelles sont les pages de destination des requêtes « not provided », et ainsi plus ou moins deviner la requête de l’internaute : dans la partie Sources de trafic -> Sources -> Recherche -> Résultats naturels, cliquez sur le mot-clé « not provided » et utilisez une variable secondaire afin de connaître la page de destination (Variable secondaire -> Sources de trafic -> Pages de destination). Bien entendu, cette méthode prend plus de temps d’analyse que l’accès direct au mot-clé et est évidemment moins précise.

L’unique solution afin de connaître le trafic apporté par un mot-clé est donc de se mettre au référencement payant via la régie publicitaire Google Adwords, où tous les mots-clés utilisés (ayant apporté un clic sur l’annonce) sont disponibles. Alors que l’an passé, Google avait justifié l’installation du not provided par la nécessité de préserver la vie privée des internautes, il semble que la protection de cette dernière s’arrête étrangement une fois passées les frontières de sa régie publicitaire…